La résurgence de hordes destructrices et perverses de retour dans les rues de France est un constat amer. Face à cela, l'apparente cécité d'une partie de la classe politique et des médias quant à la nature destructrice de ces actes, perpétrés par ces jeunes, est profondément frustrante et démoralisante. Ce sentiment de déception et de dégoût, mêlé à une colère vive, m'envahit depuis hier.
Comment ne pas faire le parallèle douloureux entre l'euphorie collective et bon enfant d'une victoire sportive, comme celle du 12 juillet 1998, à laquelle j’ai participé et cette incapacité persistante, près de trois décennies plus tard, à condamner unanimement la violence post-victoire sans y voir une motivation liée à l'immigration ? Le silence assourdissant de la télévision sur ces événements, contrastant avec l'écho qu'ils trouvent sur les réseaux sociaux, est troublant. Entendre certains nier la barbarie de ces actes est sidérant.
Si l'on a heureusement évité cette fois-ci les tentatives simplistes d'identification ethnique des responsables, la clémence des premières condamnations, réduites à de maigres amendes, semble nier l'ampleur des dégâts et l'impact réel de ces actions.
Que faire, concrètement, face à cette situation ? L'accusation facile, portée par certains discours de gauche, selon laquelle toute critique alimenterait la violence, est un sophisme déconcertant. Le recours croissant à des sociétés de sécurité privées témoigne d'un désaveu de la capacité de l'État à assurer la protection de ses citoyens.
En tant que banlieusard lucide, je me sens de plus en plus éloigné d'une certaine vision, souvent présentée comme homogène, de la banlieue et de ses habitants. Aujourd'hui, mes valeurs fondamentales, mon éducation et ma conception de la vie priment sur un besoin d'appartenance qui voudrait m'obliger à cautionner l'indéfendable : les agissements de ces vandales et de ces nouveaux oppresseurs. Si le besoin d'appartenance est un instinct primaire, la fidélité à mes convictions l'emporte désormais.